Afrique du Sud 2010
La victoire de l’Espagne, en finale de la Coupe du monde, ravit la planète football. L’agressivité déployée par les joueurs des Pays-Bas a augmenté le capital de sympathie envers la Furia Roja.
L’Espagne devient championne mondiale après son triomphe à la coupe d’Europe 2008. La finale a résumé l’allure du tournoi, selon les analystes, c’est-à-dire un match très serré qui n’a pas nécessairement offert du jeu exceptionnel, en temps règlementaire.
Les Oranjes acclamés sur les canaux d’Amsterdam. Au son des vuvuzelas et sous les applaudissements de centaines de milliers de
supporteurs vêtus d’orange, les joueurs de l’équipe nationale des Pays-Bas, battue dimanche par l’Espagne en finale du Mondial-2010, ont été acclamés mardi le long des canaux d’Amsterdam.
Plus de 500.000 personnes au total, selon la police, étaient rassemblées le long des berges des canaux et sur le terre-plein devant le Rijksmuseum où se sont rendus les footballeurs en fin d’après-midi.
A leur arrivée sur le podium, ils ont été longuement ovationnés par la foule orange. Le capitaine Giovanni van Bronckhorst a appelé les joueurs un à un, le buteur Wesley Sneijder étant particulièrement acclamé.
La France termine 29e du Mondial, le pire classement de son histoire
Allemagne 2006 (9 juin – 9 juillet)
Un coup de tête en forme de coup de théâtre. Une rhapsodie en bleu qui se termine sur une fausse note de Zidane, le maestro français… L’Italie bat la France en finale à la loterie des tirs au but pour le quatrième sacre de son histoire. Les Azzurri ont la Coupe. Les Bleus ont le blues.
Et pourtant, l’Italie avait abordé la 18e édition du Mondial dans les pires conditions, en plein procès des matches truqués du Calcio et après la tentative de suicide de l’ancien international de la Juventus, Gianluca Pessotto.
Dans l’adversité, les joueurs de Marcello Lippi se sont serré les coudes. De Gianluigi Buffon, meilleur gardien du monde, au buteur Luca Toni en passant par Fabio Cannavaro, capitaine courageux et patron d’une défense de fer, Andrea Pirlo, chef d’orchestre inspiré, Gennaro Gattuso, gladiateur de choc, sans oublier Francesco Totti et Alessandro Del Piero.
Deux buts encaissés, 12 marqués (par 10 joueurs différents), un parcours de vainqueur. Désormais, l’Italie n’est plus qu’à une longueur du Brésil et de ses cinq trophées
Ce Mondial allemand a eu un héros. Un héros aux deux visages. Il n’est pas Italien mais Français.
Zinédine Zidane ayant annoncé qu’il raccrocherait après le tournoi, ses coéquipiers voulaient lui offrir une sortie en beauté. Brillants au premier tour, les Espagnols, eux, clamaient qu’ils allaient l’envoyer à la retraite dès les 8es de finale. Raté ! Et en plus, ZZ leur a marqué le dernier but du 3-1, sonnant le réveil des Bleus, laborieux jusque-là.
Corée/Japon 2002 (31 mai – 30 juin)
Le premier Mondial asiatique, riche en surprises, a pris fin en beauté. Ronaldo, star ressuscitée, a marqué les deux buts d’une finale inédite, Brésil-Allemagne, qui valait son pesant d’histoire.
Avant ce choc au sommet, ces deux mastodontes du football ont sorti deux “petits poucets” en demi-finales : la Corée du Sud portée par la ferveur populaire, et la Turquie, comblée pour sa deuxième participation.
La compétition commence par un coup de tonnerre, le 31 mai à Séoul : la France, tenante du titre, chute d’emblée face au Sénégal (1-0). Les Lions de la Teranga iront jusqu’en quarts.
Le ton est donné. Les grands vont souffrir. Incapables de marquer le moindre but, les Bleus sortent sans gloire au premier tour.
Le choc de cette première phase, lourd de rancunes entre l’Angleterre et l’Argentine, revient aux coéquipiers de Beckham. Peu inspirés, les “Albiceleste” rentrent au pays. Même punition pour le Portugal de Figo, battu par les Etats-Unis.
L’Allemagne inflige le “carton” du Mondial à l’Arabie saoudite (8-0), le Brésil déroule face à la Chine et au Costa Rica (4-0 et 5-2) et les “petits” bousculent la hiérarchie.
Pour le Japon et la Corée du Sud, on pense que c’est le bonus habituel aux pays organisateurs. Pour les Etats-Unis et la Turquie, on est surpris. Rapides, tranchants, bien organisés, ils commencent à faire peur.
Et l’hécatombe continue. En huitièmes, l’Italie chute devant d’infatigables Coréens. Buts refusés aux Azzurri, exclusion de Totti, but en or… L’Italie hurle au scandale.
France 1998 (10 juin – 12 juillet)
“Allez les Bleus !” Portée par tout un peuple, l’équipe de France de Zinédine Zidane remporte sa première Coupe du monde, chez elle. Pas vraiment éblouissants jusque-là, les Français brillent en finale face au Brésil
(3-0).
Les étranges convulsions de Ronaldo juste avant ce match ont peut-être pesé sur les Brésiliens, champions en titre et favoris.
Ce deuxième Mondial en France, après celui de 1938, est celui des nouveautés. Le nombre de participants passe de 24 à 32. Le but en or apparaît à partir des huitièmes de finale. Enfin, aucun grillage ne sépare le public de la pelouse.
Mais la violence est en-dehors des stades. Un gendarme restera infirme à vie après avoir été agressé par des supporteurs allemands à Lens, tandis que des hooligans anglais provoquent de graves incidents à Marseille.
Echaudée, la police française est sur ses gardes avant Iran – Etats-Unis, deux adversaires politiques. Le match, remporté par les Iraniens (2-1), se déroule dans une ambiance pacifique – les joueurs posant même ensemble pour la photo.
Les quatre équipes africaines déçoivent. Seul à passer le premier tour, le Nigeria “explose” (4-1) face au Danemark en huitièmes de finale.
Etats-Unis 1994 (17 juin – 17 juillet)
En juillet 1988, la FIFA prend la décision controversée d’attribuer la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis, un peu comme si le Championnat du monde de base-ball était organisé en France.
Les sceptiques avaient tort : le Mondial attirera les plus belles affluences de son histoire.
Le tournoi débute le 17 juin, avec un Allemagne-Bolivie (1-0).
Un mois plus tard, le Brésil bat l’Italie aux tirs au but en finale au Rose Bowl de Pasadena, près de Los Angeles, au terme d’un “non-match”.
L’infortuné Roberto Baggio, héros de toute l’Italie, rate le cadre et permet au Brésil de gagner son premier Mondial depuis 24 ans, le quatrième de l’histoire. Un record.
Pourtant, au début, ce Mondial est éclipsé par le feuilleton du double meurtre dans lequel est impliqué O.J. Simpson, une star du football américain, dont la fuite en voiture est retransmise en direct par les hélicoptères de
la télévision.
Malgré tout, plus de 3,5 millions de personnes rempliront les stades pour assister à des matches joués en pleine chaleur à la mi-journée, décalage horaire avec l’Europe oblige.
Une tragédie marquera le tournoi : le meurtre d’Andres Escobar, le défenseur colombien abattu à son retour à Medellin après l’élimination de son équipe. Son meurtrier ne lui aurait pas pardonné d’avoir marqué le but contre son camp qui a contribué à la défaite devant les Etats-Unis (2-1).
Italie 1990 (9 juin – 8 juillet)
Eviter la défaite à tout prix. Tel est le leitmotiv de ce “Mondiale” où le beau jeu brille par son absence, au contraire
des sanctions qui pleuvent dru : 164 cartons jaunes, 16 rouges, mais 2,21 buts de moyenne seulement par match. La fête du football est devenue un spectacle sans âme.
Les premiers cartons rouges tombent dès le match d’ouverture, pour les Camerounais Kana-Biyik et Massing. Malgré cet avantage numérique, les Argentins, tenants du trophée, s’inclinent 1-0.
Difficilement qualifiée, la Colombie est également victime des Lions Indomptables (2-1) en huitièmes de finale. Le vétéran Roger Milla, 37 ans, initie le monde à la makossa qu’il danse à chacun de ses deux buts.
L’épopée camerounaise prend fin à Naples, face aux Anglais (3-2 après prolongation), à l’issue d’un match échevelé, le meilleur du tournoi.
Sous la houlette du Yougoslave Bora Milutinovic, le Costa Rica se hisse en huitièmes mais explose face à la Tchécoslovaquie (4-1) de Skuhravy, auteur de trois buts.
Les stars, comme Van Basten, victime du parcours chaotique des Néerlandais, ou Maradona, traqué par les journalistes argentins, sont éclipsées par des joueurs peu connus, tel l’Italien “Toto” Schilacci, meilleur marqueur avec 6 buts.
Mexique 1986 (31 mai – 29 juin)
Diego Maradona… Le Mundial mexicain de 1986 peut se résumer à ce nom. “El Pibe de Oro” (le gamin en or), héros de Naples, mène à la victoire une équipe d’Argentine qui s’est pourtant qualifiée difficilement.
Déjà pays hôte en 1970, le Mexique n’aurait pas dû accueillir cette Coupe du monde. Mais la Colombie, désignée à l’origine, a renoncé pour des raisons économiques, et le Mexique la remplace au pied levé.
Problème, pour permettre aux téléspectateurs européens de voir les matches en soirée, le coup d’envoi est souvent donné à la mi-journée, sous un soleil de plomb.
Le Maroc crée la première sensation. En faisant match nul avec la Pologne et l’Angleterre avant de battre le Portugal (3-1), il atteint les huitièmes de finale. Pour son premier Mondial, le Danemark termine la première phase invaincu : 2-0 contre la RFA, 6-1 devant l’Uruguay, 1-0 face à l’Ecosse. Mais cette débauche d’énergie et une équipe d’Espagne efficace mettent fin aux espoirs danois (5-1 avec un quadruplé de Butragueno). Mais “El Buitre” (le vautour) reste muet en quarts et les Belges gagnent aux tirs au but.
Sur un nouveau “coup de patte”, Maradona lance Burruchaga, qui échappe à Briegel et marque (3-2). Les bannières bleu ciel et blanc s’agitent dans le stade Aztèque. L’Argentine tient sa deuxième Coupe du monde. Grâce à son capitaine Maradona, le meilleur joueur du monde.
Espagne 1982 (14 juin – 11 juillet)
La 12e Coupe du monde innove : la phase finale réunit 24 équipes et non plus 16.
La compétition commence par une surprise, en match d’ouverture au Nou Camp de Barcelone. L’Argentine, tenante de la Coupe, est défaite par la Belgique (1-0), malgré la présence d’un jeune surdoué nommé Diego Maradona. Cette défaite survient à la veille de la capitulation de l’Argentine dans la guerre des Malouines…
Pendant la première phase, des “petits” s’illustrent, comme le Cameroun, invaincu même s’il cède à la différence de buts, ou le Honduras, seulement battu par la Yougoslavie.
Mais LA surprise vient de l’Algérie, qui compte 4 points grâce à 2 victoires en 3 matches. Avec un seul succès, la RFA doit impérativement battre le voisin autrichien qui, en cas de défaite, ne doit pas encaisser plus de 2 buts.
A Gijon, la RFA marque dès la 10e minute par Hrubesch puis se livre à un simulacre de match, sous les sifflets du public. La RFA et l’Autriche passent, l’Algérie est éliminée.
Devant le scandale, la FIFA décide dès lors de faire disputer à la même heure les derniers matches de chaque groupe.
Le Brésil impressionne en gagnant ses trois premiers matches. Lors de la seconde phase, les coéquipiers de
Zico et Socrates disposent facilement des Argentins (3-1) dans un match dont Maradona est exclu. Mais ils chutent devant les Italiens, critiqués après leur phase préliminaire en demi-teinte, et Paolo Rossi, auteur d’un triplé.
L’attaquant de la Juventus de Turin, meilleur buteur, marquera encore deux fois en demi-finale contre la Pologne des Lato et Boniek et une en finale.
Argentine 1978 (1er – 25 juin)
Politique et football seront indissociables pendant la Coupe du monde 1978.
En Argentine règne la dictature, et de nombreux pays appellent au boycottage. Mais seul Johan Cruyff, le triple Ballon d’Or néerlandais, renonce au Mondial pour protester contre le régime argentin.
Les militaires au pouvoir reprennent l’adage de Juvénal pour éviter la colère populaire : “Donnons-leur du pain et des jeux”.
Pour accueillir le Mundial, rien n’est trop beau. On construit trois stades, à Mar del Plata, Cordoba et Mendoza, et on en rénove huit autres. La compétition coûtera à l’Argentine 520 millions de dollars, quatre fois plus que l’édition suivante en Espagne.
Par ailleurs, la junte obtient une trêve des Montoneros, les guerilleros argentins.
Après un “stage commando” de plusieurs semaines, le sélectionneur Luis Cesar Menotti dispose d’un ensemble albiceleste sans faille, articulé autour de Passarella en défense, Ardiles au milieu et Kempes en attaque.
La première phase qualifie l’Autriche, absente depuis 20 ans, et le Pérou de Cubillas et Sotil. Le second tour réunit deux groupes de quatre. L’Espagne et la France n’en font pas partie.
Deuxièmes de leur poule, les Pays-Bas de Rensenbrink doivent leur qualification à une meilleure différence de buts que les Ecossais. Le parcours des Bataves est ensuite plus aisé avec deux victoires et un nul.
L’autre finaliste, l’Argentine, également deuxième de poule, tombe avec le Pérou, le Brésil et la Pologne. Avec une victoire et un nul, le Brésil et l’Argentine sont à égalité. Les Argentins doivent assurer une victoire avec une meilleure différence de buts que les Auriverde. Les hommes de Menotti réussissent à marquer 6 buts au gardien péruvien Ramon Quiroga. Des soupçons d’arrangement pèseront longtemps sur cet inattendu 6-0.
Vient la finale dans le stade Monumental entre la sélection albiceleste poussée par tout un peuple, et les Néerlandais qui veulent oublier la finale perdue de 1974.
Sur une pelouse recouverte de petits papiers, les Pays-Bas encaissent un but de Kempes mais obtiennent la prolongation grâce à Nanninga, entré en cours de jeu. L’incontournable “matador” Kempes (meilleur canonnier avec 6 buts) et Bertoni donnent enfin la Coupe du monde à leur pays.
Un trophée que le général Jorge Videla remet à Daniel Passarella, valeureux capitaine de la formation albiceleste.
L’Argentine en liesse tient sa victoire (3-1). Un succès attendu depuis 48 ans mais entaché par une série d’irrégularités et un arbitrage “très tolérant”…
RFA 1974 (13 juin – 7 juillet)
Deux ans après les jeux Olympiques de Munich, la RFA accueille la Coupe du monde. Ainsi en a décidé la FIFA, désormais présidée par le Brésilien Joao Havelange.
Pour la première fois, la télévision retransmet la compétition dans le monde entier, décuplant l’intérêt commercial – les dérives mercantilistes, selon certains.
Parmi les seize qualifiés au Mondial, qui se déroule en deux phases de poules, trois sont novices : le Zaïre, premier pays d’Afrique noire qualifié, l’Australie pour la zone Asie-Océanie, et Haïti, qui a sorti le Mexique dans la zone CONCACAF.
Les Pays-Bas illuminent le tournoi, surfant sur les trois Coupes d’Europe des clubs champions (1971, 1972 et 1973) de l’Ajax d’Amsterdam, dont les joueurs forment l’ossature des Orange.
Si les Néerlandais passent le premier tour sans encombre ni éclat, ils dominent outrageusement le second, grâce à leur “football total” : 4-0 devant l’Argentine, 2-0 face à la RDA et 2-0 contre le Brésil. Johan Cruyff survole le Mondial de tout son talent.
Un RFA-RDA sous haute tension se termine par une victoire des Allemands de l’Est (1-0). Le but de Sparwasser plonge le pays hôte dans le doute.
La surprise vient des Italiens : Sandro Mazzola et les siens, battus par les Polonais (2-1) après un nul face à l’Argentine (1-1), sont éliminés.
Des équipes sud-américaines, seuls le Brésil et l’Argentine accèdent à la deuxième phase.
Les outsiders polonais, emmenés par leur meneur de jeu Gadocha et leurs attaquants Deyna et Lato, meilleur marqueur avec 7 buts, ravissent la troisième place (1-0) à un Brésil sans âme depuis que sa superstar, le légendaire Pelé, a raccroché ses crampons.
Premiers de leurs poules respectives, les “Oranges mécaniques” de Cruyff et la RFA du “Kaiser” Franz Beckenbauer disputent une finale qui commence par un coup de théâtre. Cruyff est déséquilibré dans la surface de réparation. Penalty, transformé par Neeskens dans un stade Olympique de Munich provisoirement silencieux. Mais les Allemands n’abdiquent pas.
Après avoir laissé passer l’orage orange, Hölzenbein obtient à son tour un penalty. Breitner égalise.
Puis l’inévitable “Bombardier”, Gerd Müller, aggrave le score à deux minutes de la mi-temps. Un but qui déstabilise les coéquipiers de Johnny Rep et les prive d’une victoire trop tôt annoncée.
Vingt ans après Rahn et les frères Walter, les Allemands retrouvent la Coupe du monde. Ils brandissent le nouveau trophée, une statuette en or massif de 5 kg et 36 cm de hauteur, le précédent étant la propriété définitive du Brésil.
Mexique 1970 (31 mai – 21 juin)
Le Brésil pour toujours
Stades combles, ambiance festive, du grand football… Malgré la chaleur et l’altitude, le Mundial 1970 au
Mexique est considéré par beaucoup comme le meilleur de l’histoire.
Le Brésil de Pelé y fait preuve d’une maestria et d’une créativité jamais égalées. La Seleçao dirigée par Mario “Lobo” Zagallo ne subit aucune défaite en six matches, inscrivant la bagatelle de 19 buts (contre 7 encaissés) et assurant le spectacle.
Plusieurs places fortes du football sont tombées en qualifications : l’Espagne, le Portugal, l’Argentine et la France.
Pour Israël, le Maroc et le Salvador, c’est la joie de la première qualification.
Des nouveautés sont introduites, comme les cartons jaunes (avertissement) et rouges (exclusion), et la différence entre coups francs directs et indirects. Et surtout la possibilité de remplacer deux joueurs blessés ou fatigués, une petite révolution.
Le premier tour propose des sommets, notamment un Angleterre-Brésil entre les vainqueurs des deux dernières éditions. Jaïrzinho, le “Tourbillon”, qui marque à chaque match, libère les “Auriverde” (1-0).
Italie-RFA au bout du suspense
En quart, les Anglais emmenés par les deux Bobby, Moore et Charlton, qui mènent pourtant 2-0 après l’heure de jeu, butent sur la RFA lors d’un match explosif, revanche de la finale 1966. Le “Kaiser” Franz Beckenbauer joue malgré une épaule démise et le “Bombardier” Gerd Müller, meilleur marqueur avec 10 buts, donne la victoire à son pays (3-2) pendant la prolongation.
Le quart de finale sud-américain entre Brésil et Pérou, l’invité-surprise, tourne à l’avantage des favoris (4-2).
Suspense et intense émotion accompagnent la prolongation de la demi-finale Italie-RFA, dans la fournaise du stade Aztèque de Mexico, après le but égalisateur ouest-allemand signé Karlheinz Schnellinger à la dernière minute du temps réglementaire.
Cinq buts sont marqués en une demi-heure, une course-poursuite jusqu’au but décisif de Gianni Rivera (4-3). L’Italie est en finale.
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Dans l’autre demi-finale, le Brésil efface le souvenir du “Maracanazo” – la défaite face à l’Uruguay en “finale” du Mondial 1950. Menés après un but de Luis Cubilla, les Brésiliens remportent finalement ce match physique (3-1).
Cette neuvième Coupe du monde se termine en apothéose, avec des Tostao, Rivelino, Gerson et consorts au sommet de leur art. Et Pelé en chef d’orchestre.
Le Brésil s’impose 4-1 et conserve définitivement le trophée Jules-Rimet, pour avoir remporté trois fois la Coupe du monde. C’est le troisième titre mondial pour Pelé, un record.
Quatre ans après avoir marqué trois fois en finale de la World Cup, Geoff Hurst marque le premier but de l’équipe d’Angleterre face à la Roumanie.
Trois pays font leurs débuts en Coupe du monde et les trois perdent tous leurs premiers matches. Israël contre l’Uruguay (2-0), le Maroc face à la RFA (2-1) et le Salvador (3-0) devant la Belgique.
L’Allemand de l’Ouest Uwe Seeler est le premier Européen à participer à 4 phases finales consécutives. Il a joué son premier match contre l’Argentine, le 8 juin 1958. Son dernier sera le match de classement gagné par la RFA face à l’Uruguay (1-0).
La plus belle parade de gardien est celle de l’Anglais Gordon Banks. Tout près du but, Pelé frappe le ballon de la tête. Tous croient au but, mais Banks, au prix d’une formidable extension, dévie le ballon en corner. Pelé dira : “J’ai marqué un but mais Banks l’a arrêté.”
Gordon Banks souffre d’une intoxication alimentaire avant le quart de finale contre la RFA, et cède sa place à Peter Bonetti. Le match disputé à Leon est disputé par une température de 52 degrés au soleil.
Pelé offre deux moments de génie aux spectateurs. Contre la Tchécoslovaquie, et à l’engagement aussitôt après l’ouverture du score par le Tchèque Ladislav Petras, le Brésilien aperçoit le gardien de but Ivo Viktor trop avancé et tente un lob de 50 m, qui passe juste à côté du but. En demi-finale contre l’Uruguay, il se joue du gardien Ladislao Mazurkiewicz qu’il élimine d’une feinte de corps sans même toucher le ballon, puis tire de peu à côté.


