Bienvenue à Montréal, Lars !
Il faut dire que sa venue sera pour toujours liée au départ du gardien Jaroslav Halak, qui a paraphé une entente de 15 M$ avec les Blues hier.
Se sent-il en mesure de faire face à cette pression qui lui tombe dessus comme une tonne de briques ?
«Oui… Enfin, nous allons le découvrir. J’ai un bon sentiment en mon for intérieur. Mes attentes envers moi-même sont élevées», a confié Eller, 21 ans.
«Je vais faire de mon mieux et si je suis assez bon, je vais jouer.»
Le jeune homme de 6’2’’ et 198 lb a le gabarit du gros joueur de centre qu’on cherche depuis des lunes à Montréal.
Le directeur général Pierre Gauthier avait déclaré le jour de son acquisition qu’il voyait en lui un futur centre numéro deux dans la formation.
Quand on lui a raconté la perception de Gauthier, Eller a esquissé un sourire. «Ça sonne très bien à mes oreilles ! J’adorerais jouer ici de nombreuses années.»
La porte est ouverte
Bien sûr, ce Eller est encore un projet. Le Danois n’a disputé que sept matchs dans la LNH dans l’uniforme des Blues la saison dernière, inscrivant deux buts. À Peoria dans la Ligue américaine, il avait amassé 57 points en 70 matchs.
«J’ai pris ça une étape à la fois au cours des dernières années, dit-il. L’an passé fut un autre pas dans la bonne direction. Je crois être en mesure de passer à une autre étape cette année.»
La porte est grande ouverte pour lui; quelques postes sont encore disponibles à l’attaque et le Canadien misera sur la jeunesse, n’ayant pas la marge de manoeuvre suffisante pour mettre sous contrat un joueur établi. Et Gauthier a confirmé hier que Dominic Moore et Glen Metropolit ne seront pas de retour avec le club.
«On va apprendre à le connaître, dit Gauthier. C’est encore un jeune joueur, il n’a que 21 ans, et il a encore beaucoup de place pour se perfectionner. Il cogne à la porte et ses attentes seront sans doute de percer l’alignement. Nous verrons. C’est sur la glace que ça se passera.»
Halak par ci, Halak par là…
En six minutes de scrum, le grand blond s’est fait poser au moins dix fois des questions sur Halak et la pression d’évoluer à Montréal. Ça chauffait plus autour de lui que sur l’asphalte dehors au même moment!
Mais il a répondu à toutes les questions avec diligence.
«J’ai très peu joué dans la LNH et je ne suis pas un gardien, j’évolue au centre, ce sont deux choses bien différentes. Bien sûr, je suis moins connu que Jaroslav. Je peux apporter beaucoup d’enthousiasme et de travail. J’espère pouvoir contribuer à l’attaque pour aider l’équipe à remporter des matchs.»
Il n’est arrivé à Montréal que lundi et personne ne le reconnaît encore dans la rue. Mais cela changera sous peu…
Fabricant de jeux
Il sait très bien que les partisans du Canadien appréciaient Halak au plus haut point.
«Quand je serai sur la patinoire, je vais me concentrer sur mon jeu et c’est tout. Toutes les attentes et l’attention médiatique, on en reparlera à l’extérieur de la glace. Ces attentes élevées ne me dérangent pas. J’aime autant que les gens aient ça à coeur que le contraire.»
«Je me vois comme un gars qui doit continuer à se développer. Peu importe où je commencerai, l’important est de progresser du début à la fin de la saison.»
Eller, un centre naturel, peut aussi évoluer à l’aile. «Cela donne des options à l’entraîneur. Mais si on me demande de choisir, je préfère évoluer au centre. C’est là que je suis à mon mieux. Ma force est de fabriquer des jeux et de faire des passes. J’ai aussi un bon coup de patin et de bonnes habiletés en zone offensive. Ce que je dois travailler, c’est mon positionnement en zone défensive.»
Denis Poissant
Le Journal de Montréal



